Habitué de ce journal pour en avoir été rédacteur en chef jusqu’en décembre dernier, Sébastien revient pour nous sur sa carrière et sa reconversion récente. Passer de la kinésithérapie libérale à une grande école de service public n’est pas chose anodine. Décryptage.
NOS LECTEURS TE CONNAISSENT DÉJÀ MAIS PEUX-TU NÉANMOINS TE PRÉSENTER ?
Quel plaisir de revenir ici ! Allez, je me lance pour celles et ceux que je n’ai pas eu la chance de croiser : je m’appelle Sébastien Tessuto et j’ai 43 ans. Après un diplôme de kiné obtenu en 2005 à l’IFMK de Montpellier, j’ai exercé en libéral pendant 20 ans entre l’Hérault et Paris. Très rapidement, j’ai commencé à avoir des fonctions de représentation : d’abord élu ordinal à Paris, j’ai ensuite été secrétaire général de l’URPS MK Occitanie pendant 5 ans et puis secrétaire général adjoint jusqu’à la fin de l’année dernière. Parallèlement, je suis entré au SNMKR comme cadre local en 2010 pour y gravir les échelons progressivement jusqu’à me retrouver secrétaire général national, poste que j’ai occupé jusqu’en septembre 2025. Enfin, j’ai également eu la chance ces dernières années d’être rédacteur en chef de ce chouette magazine que vous tenez entre les mains !
POURQUOI AVOIR ARRÊTÉ LA KINÉSITHÉRAPIE ?
Depuis quelques années, ce n’était plus mon cabinet de kinésithérapie qui me donnait envie de me lever le matin mais bien ce que je réalisais dans le cadre de mes fonctions de représentation. Au bout de 20 ans de carrière, une lassitude s’était installée dans ma pratique et quelques galères au cabinet ont terminé de me faire sauter le pas. Afin de valider mes expériences acquises et d’étoffer mon bagage universitaire, j’ai validé un Master 2 en droit de la Santé en juin 2025 à la faculté de droit de Montpellier (en formation continue à raison d’une semaine par mois). Dans la foulée, j’ai passé le concours écrit, via la troisième voie, de l’École Nationale Supérieure de Sécurité Sociale (EN3S). L’admissibilité en poche fin août, je me suis présenté à l’oral d’admission fin septembre où mon parcours et ma présentation m’ont permis d’être admis dans cette grande école de service public.
EN QUOI CONSISTE LA FORMATION À L’EN3S ET À QUOI RESSEMBLERONT TES FUTURES FONCTIONS ?
La formation dure 18 mois et se déroule en partie à Saint-Etienne, siège de de l’EN3S. J’ai donc pris mes quartiers au Montebello, la résidence étudiante de l’école, en janvier 2026.
La scolarité est articulée sur 3 temps forts :
• les stages qui représentent 40% du temps et permettent de découvrir et s’immerger dans toutes les branches de la sécurité sociale (assurance maladie, allocations familiales, URSSAF, AT/MP, CARSAT et autonomie)
• les cours magistraux principalement axés sur le management, le droit du travail, la comptabilité et la protection sociale
• et enfin, les travaux de groupe qui permettent d’aiguiser notre sens de la gestion de projet et du pilotage (recherche action et conduite de projet numérique).
En juillet 2027, je serai affecté sur mon premier poste. Ce dernier pourra être un poste de manager stratégique en caisse locale ou nationale ou, si le profil et le recrutement le permettent, directement un poste d’agent de direction (sous-directeur, directeur adjoint ou directeur comptable et financier).
POURQUOI EST-CE IMPORTANT QUE DES PROFESSIONNELS DE SANTÉ S’INVESTISSENT SUR DES POSTES AU SEIN DE NOS ORGANISMES DE TUTELLE ?
Pour que les politiques publiques menées puissent tenir compte des retours de terrain, il est indispensable que des profils comme le mien puissent s’investir sur des postes de pilotage ou de management au sein de la sécurité sociale. Cela permet d’apporter notre regard de soignant et de pouvoir peser sur les décisions de politique publique afin de s’assurer que celles-ci soient comprises et cohérentes avec le ressenti des professionnels en première ligne.