Conformément à l’arrêté du 6 janvier 1962 qui fixe la liste des actes médicaux, les masseurs kinésithérapeutes exercent leur activité par délégation de compétences du médecin vers le masseur kinésithérapeute. Tous les actes et techniques des masseurs kinésithérapeutes sont donc médicaux. Le massage y est nommément stipulé comme un acte médical. L’accolement du qualificatif « esthétique » ou la finalité esthétique de l’acte ne saurait lui retirer cette qualité. A défaut, cette distinction purement sémantique conduirait de la même façon à autoriser la pratique des actes de chirurgie « esthétique » par d’autres professionnels que les Docteurs en Médecine.
 

Le masseur kinésithérapeute exerce son activité dans le respect de ses compétences. Lorsque les techniques utilisées par le masseur kinésithérapeute sont à but thérapeutique, elle doivent obligatoirement faire l’objet d’une prescription médicale (laquelle n’a plus à être qualitative et quantitative depuis l’arrêté du 22 février 2000). Mais elles peuvent ne pas être à but thérapeutique et relèvent alors de la seule compétence décisionnaire du masseur kinésithérapeute.

Ces compétences sont inscrites dans la loi. Certaines s’exercent en compétences partagées, d’autres en compétences exclusives (= monopole).

La loi française a créé deux monopoles pour les masseurs kinésithérapeutes, celui de la gymnastique médicale et celui du massage.

Si le premier, technique et en rapport direct avec le soin thérapeutique, n’est que rarement détourné, il n’en est pas de même pour le second. Par ignorance ou mercantilisme, un certain nombre de personnes détournent ce monopole à leur profit, effectuant dès lors aux yeux de la loi un exercice illégal de la médecine et de la kinésithérapie.

Contrairement à ce que certains pensent ou laissent entendre, le massage, même s’il n’est pas thérapeutique, n’est pas un acte anodin, car il s’exerce sur un organe essentiel et complexe du corps humain : la peau. Il est donc nécessaire de prendre un minimum de précautions quant aux personnes qui l’exerceraient. La qualification de Masseur Kinésithérapeute apporte une reconnaissance de compétences techniques et de connaissances physio-pathologiques validées par un Diplôme d’Etat.

Si le législateur l’a voulu ainsi, ce n’est aucunement afin de protéger les intérêts d’une catégorie de professionnels ou d’entraver la liberté d’entreprendre, mais plutôt dans un triple souci de santé publique (au regard des conséquences physio-pathologiques qu’il peut engendrer), d’ordre public (permettant de prévenir certaines dérives sectaires et/ou sexuelles liées à une pratique incontrôlée du massage) et de salubrité publique (conditions d’hygiène permettant de préserver la population de maladies endémiques et contagieuses).

Rappelons que toute tentative de dérogation par des conventions particulières serait contraire à l’article 6 du Code Civil.

Il semble donc indispensable de clarifier les choses et de rappeler la loi en la matière.