Nombre de praticiens ont pu penser qu’un ordre professionnel était inutile et pouvait faire double emploi avec les syndicats. Qu’il ne servait qu’à encaisser une cotisation supplémentaire obligatoire (pour tous les libéraux et salariés), à sanctionner (chambre disciplinaire) et risquait d’être un pseudo-syndicat de plus.

En réalité, il n’en est rien, bien au contraire… Si syndicat et ordre s’adressent au même domaine, la masso-kinésithérapie, ils y sont complémentaires. Pour simplifier, on peut considérer que l’ordre défend la profession et que le syndicat défend les professionnels. C’est pour cela que le SNMKR s’est toujours battu pour la création d’un ordre professionnel, pour agir à ses côtés dans le respect des missions dévolues à chacun par la loi.

Le syndicat est une formation associative consultative qui défend les praticiens (SS, TASS…) et négocie leurs conditions d’exercice (Convention, NGAP…).

L’ordre est une formation institutionnelle qui défend une profession (sa déontologie, son éthique mais également son existence propre) mais que les pouvoirs publics ne peuvent ignorer dès qu’il s’agit de discuter d’un quelconque aspect de celle-ci. Il est garant de la pérennité de la profession conformément aux souhaits exprimés par les professionnels eux-mêmes.

L’amalgame vient souvent du fait qu’avant la création de l’ordre des MK, les syndicats étaient obligés de s’investir seuls, par défaut, dans des missions ordinales, par exemple celle de la défense du monopole du massage. L’ordre, avec des moyens juridiques et financiers plus importants, pourra agir en conséquence pour faire respecter ce droit. La cotisation obligatoire, déductible des frais professionnels, servira intégralement à financer la structure et les actions de l’ordre, sachant que la fonction de conseiller ordinal est gratuite.

Quant au côté répressif, n’oublions pas qu’avant la création de l’ordre, les MK dépendaient déjà d’une chambre disciplinaire, celle de l’ordre des médecins. Il apparaît donc aujourd’hui préférable d’être jugés par ses pairs plutôt que par des praticiens n’ayant pas forcément la même optique que nous.

L’ordre ne peut en aucun cas être un organisme syndical. Il est démocratiquement logique qu’un syndicat ou un groupement soutienne à chaque élection à l’ordre tel ou tel candidat issu de ses rangs. Mais après le scrutin, conformément à l’article L4321-18 du CSP (…/…En aucun cas, il n’a à connaître des actes, des attitudes, des opinions politiques ou religieuses des membres de l’Ordre…/…), l’élu n’est plus considéré comme représentant syndical de ses adhérents mais comme conseiller ordinal de tous les MK. Il devient donc alors inconcevable de comptabiliser des élus en fonction de leur appartenance à tel ou tel syndicat. Dans sa fonction ordinale, l’élu est asyndical, apolitique et non confessionnel. Il est simplement au service de sa profession.