Fin novembre 2014, la Délégation Ministérielle à l’accessibilité a fourni un kit de communication créé par le Gouvernement pour faire connaître l’agenda d’accessibilité programmée (Ad’AP).

L’information sur les agendas d’accessibilité programmée se décline sur plusieurs supports :

De la documentation

Des vidéos

Des vidéos de présentation de Madame la secrétaire d’Etat aux personnes handicapées à la lutte contre l’exclusion

Des campagnes

Les formulaires sont parus au Journal Officiel du 20 décembre 2014:

icon_pdf.jpg Formulaire de demande d’approbation d’un Agenda d’accessibilité programée (Ad’ap)
icon_pdf.jpg Formulaire de demande d’autorisation de construire, aménager ou modifier un ERP
icon_pdf.jpg Document tenant lieu d’Agenda d’accessibilité programée (Ad’ap)
icon_pdf.jpg Dossier spécifique de conformité d’un ERP pour l’accessibilité et la sécurité incendie

La loi du 30/06/75 avait posé le principe (introduit dans le code de construction, mais assez peu suivi dans les faits) d’accessibilité aux handicapés pour les installations ouvertes au public. La loi du 13/07/91 l’avait renforcée. Ces règles s’appliquaient lors de la construction d’un cabinet médical ou de travaux concernant un cabinet existant, mais n’imposaient pas d’effet rétroactif pour les structures existantes. Le projet de loi 2004 ne l’envisageait pas non plus.

La loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées a renforcé l’obligation d’aménagement des bâtiments recevant du public, afin de permettre l’accès et la circulation de toutes les personnes handicapées, quelles que soient leurs difficultés. Par personnes handicapées il convient d’inclure tous les types de handicap : auditif, cognitif, moteur, psychique et visuel.
Ces aménagements concernent l’environnement, l’accès et l’aménagement du local.

Remarque : Le Centre National des Professions de Santé (CNPS) a demandé au gouvernement une adaptation de la réglementation.

Attention : l’Ordonnance du 26 septembre 2014 (parue au JO du 27) a notablement modifié le Modus Operandi de cette mise aux normes en créant l’obligation d’un Agenda d’Accessibilité Programmé a déposer avant le 27 septembre 2015 sous peine d’une amende de 1500€.

Ainsi…

Jusqu’au 31 décembre 2014 :

Conformément à l’article R111-19-8 III, l’accessibilité de tous les ERP 5ème catégorie accueillant des professions libérales doit être effective au plus tard le 1er janvier 2015. Les locaux des professionnels de santé sont donc concernés puisque considérés comme des ERP 5ème catégorie, Type PU.

consultez ici un guide qui a été élaboré à votre attention avec le concours des organisations professionnelles (entre autres le CNOMK) et l’appui de la direction générale de l’offre de soins. La délégation ministérielle à l’accessibilité en a assuré la rédaction.

Force est de constater qu’une grande majorité des cabinets existants sont des appartements implantés dans des copropriétés (et d’autant plus si on est locataire) et qu’il sera très difficiles voire impossible de se conformer aux règles d’accessibilité… Il paraît donc important au SNMKR de mettre enn avant les systèmes dérogatoires possibles pour ne pas être en infraction avec la loi.

Tous les locaux ne sont pas concernés :

Les locaux des professionnels de santé utilisés au moins partiellement pour la vie familiale sont juridiquement considérés comme des bâtiments d’habitation… sauf si ces locaux sont déjà classés en ERP par le service départemental d’incendie et de secours (article R111-1-1 du code de la construction et de l’habitation). A noter que les bâtiments d’habitation n’ont pas l’obligation légale d’être accessibles au 1er janvier 2015.

L’intégralité du local n’est pas forcément concerné :

Au 1er janvier 2015, les ERP classés en 5e catégorie doivent respecter les prescriptions techniques d’accessibilité applicables au neuf dans au moins une partie de l’établissement. Dans ce cas, toutes les prestations de l’établissement doivent pouvoir être délivrées dans cette partie accessible. De plus, cette partie accessible doit être la plus proche possible de l’entrée (ou de l’une des) entrée(s) principale(s) de l’établissement et elle doit être desservie par un cheminement usuel. Une partie des prestations délivrées par l’établissement peut être fournie par des mesures de substitution

Il existe des dérogations :

L’article R111-19-10 du CCH prévoit trois motifs de dérogation à l’obligation de mise aux normes :

  • Impossibilité technique lié à l’environnement ou à la structure du bâtiment : variable selon le bâtiment, il ne faut pas oublier que la mise aux normes peut entraîner une réduction significative de l’espace dédié à l’activité de l’ERP, du fait de l’encombrement des aménagements requis et de l’impossibilité d’étendre la surface occupée,
  • Préservation du patrimoine architectural : concerne généralement peu nos cabinets à cause d’un bâtiment classé ou d’un bâtiment situé à moins de 500m d’un bâtiment classé,
  • Disproportion manifeste entre la mise en accessibilité et ses conséquences : motif important en comparant le CA d’un cabinet et les frais à engager par une telle mise aux normes avec un impact économique pouvant entraîner la fermeture.

Il faut rajouter qu’en cas de situation dans une copropriété, il faut également l’accord de celle-ci sachant qu’elle n’a pas toutes ces obligations puisqu’elle comporte quasi-exclusivement des habitations et non des locaux professionnels. Ce sera encore plus difficile si le MK est locataire de son local.

Mesures de substitution :

N’étant obligatoire que dans la mesure où l’établissement assure une mission de service public (ce qui n’est pas le cas de la plupart des cabinets libéraux), on peut mettre en avant des mesures de substitution simples :

  • La possibilité de soigner à leur domicile les personnes qui ne pourraient avoir accès à notre cabinet du fait de leur handicap.
  • La possibilité de diriger les patients vers des cabinets accessibles voisins lorsque ceux-ci existent.

Les demandes de dérogations doivent être faites à l’aide d’un formulaire Cerfa 13824.

À partir du 1 janvier 2015, il faut rajouter :

I. Le propriétaire ou l’exploitant d’un établissement recevant du public ou d’une installation ouverte au public qui ne répond pas au 31 décembre 2014 aux exigences d’accessibilité définies à l’article L. 111-7-3 élabore un agenda d’accessibilité programmée. Cet agenda comporte une analyse des actions nécessaires pour que l’établissement réponde à ces exigences et prévoit le programme et le calendrier des travaux ainsi que les financements correspondants.
II. Le contenu et les modalités de présentation d’un agenda d’accessibilité programmée sont précisés par décret pris après avis du Conseil national consultatif des personnes handicapées.

Art. L. 111-7-5

I. Le projet d’agenda d’accessibilité programmée doit être déposé dans les douze mois suivant la publication de l’ordonnance n° 2014-1090 du 26 septembre 2014.
Ce délai peut être prorogé pour une durée maximale de trois ans dans le cas où les difficultés techniques ou financières liées à l’évaluation ou à la programmation des travaux l’imposent ou en cas de rejet d’un premier agenda.

II. Lorsqu’un agenda d’accessibilité programmée porte sur des établissements recevant du public ou des installations ouvertes au public situés dans plusieurs départements, la décision de validation relative à l’agenda et à la prolongation éventuelle de la durée de cet agenda prévue au III et au IV de l’article L. 111-7-7 est prise par le représentant de l’Etat du département :

  1. Dans lequel est domiciliée la personne physique qui a déposé la demande ;
  2. Dans lequel est implanté le siège ou le principal établissement, pour une société ayant son siège à l’étranger, de la personne morale privée qui a déposé la demande ;
  3. Dans lequel est implanté le siège de l’établissement public ou de la collectivité territoriale qui a déposé la demande ;
  4. Dans lequel est situé le siège de l’administration centrale de l’Etat, du service à compétence nationale de l’Etat, du service déconcentré ou délocalisé de l’Etat, de l’échelon territorial du ministère de la défense, de la cour ou de la juridiction ou de l’unité de la gendarmerie nationale qui a déposé la demande.
Art. L. 111-7-6

I. La durée d’exécution d’un agenda d’accessibilité programmée ne peut excéder trois ans à compter de son approbation.

II. La durée d’exécution d’un agenda d’accessibilité programmée peut porter sur deux périodes de trois ans maximum chacune, sauf si l’ampleur des travaux ne le justifie pas, lorsqu’il concerne :

  1. Un établissement susceptible d’accueillir un public excédant un seuil fixé par le règlement de sécurité ;
  2. Lorsque le même propriétaire ou exploitant met en accessibilité un patrimoine constitué de plusieurs établissements ou installations comportant au moins un établissement mentionné au 1°.

III. En cas de contraintes techniques ou financières particulières, la durée totale d’un agenda d’accessibilité programmée concernant un ou plusieurs établissements recevant du public n’appartenant pas aux catégories mentionnées au II du présent article peut porter sur deux périodes de trois ans maximum. Dans ce cas, l’agenda ne peut être approuvé que par décision expresse et motivée de l’autorité administrative compétente.

IV. À titre exceptionnel, dans le cas d’un patrimoine dont la mise en accessibilité est particulièrement complexe en raison des exigences de continuité de service, du nombre de communes d’implantation, du nombre et de la surface des bâtiments concernés ou du montant des investissements nécessaires rapporté au budget d’investissement mobilisable par le responsable de la mise en accessibilité, la durée totale d’un agenda d’accessibilité programmée peut porter sur trois périodes de trois ans maximum chacune. Dans ce cas, l’agenda ne peut être approuvé que par décision expresse et motivée de l’autorité administrative compétente.

V. Les conditions d’application du présent article sont fixées par décret en Conseil d’Etat pris après avis du Conseil national consultatif des personnes handicapées.

Art. L. 111-7-7.

En cas de force majeure, la prorogation de la mise en œuvre de l’agenda d’accessibilité programmée peut être demandée. Elle est prononcée par décision expresse de l’autorité administrative qui l’a validé pour une durée maximale de trois ans, renouvelable si les circonstances de force majeure ou leurs conséquences l’imposent.
En cas de difficultés techniques ou financières graves ou imprévues, ou en cas d’obligation de reprise d’une procédure administrative, cette autorité peut autoriser une prorogation de la durée de cet agenda pour une durée maximale de douze mois.

Art. L. 111-7-8

Un décret précise les modalités de suivi de l’exécution des agendas d’accessibilité programmée en tenant compte de leur durée ainsi que les modalités d’attestation de l’achèvement des travaux et les conditions de transmission de cette attestation à l’autorité administrative.

Art. L. 111-7-9

L’absence, non justifiée, de dépôt du projet d’agenda d’accessibilité programmée dans les délais prévus à l’article L. 111-7-6 est sanctionnée par une sanction pécuniaire forfaitaire de 1 500 € quand l’agenda porte sur un seul établissement dont l’effectif du public est inférieur au seuil mentionné au II de l’article L. 111-7-7 et de 5 000 € dans les autres cas. La durée du dépassement est imputée sur la durée de l’agenda d’accessibilité programmée. La sanction pécuniaire est recouvrée comme en matière de créances étrangères à l’impôt et au domaine.

L’absence, non justifiée, de transmission des documents de suivi prévus par le décret mentionné à l’article L. 111-7-9 ou la transmission de documents de suivi manifestement erronés ainsi que l’absence de transmission de l’attestation d’achèvement à chaque autorité administrative compétente sont sanctionnées par une sanction pécuniaire forfaitaire de 1 500 € quand l’agenda porte sur un seul établissement dont l’effectif du public est inférieur au seuil mentionné au II de l’article L. 111-7-7 et de 2 500 € dans les autres cas. La sanction pécuniaire est recouvrée comme en matière de créances étrangères à l’impôt et au domaine.

Art. L. 111-7-10

I. En l’absence de tout commencement d’exécution de l’agenda d’accessibilité programmée, en cas de retard important dans l’exécution des engagements pour la ou les périodes échues de l’agenda ou lorsqu’au terme de l’échéancier de programmation des travaux les engagements de travaux figurant dans l’agenda d’accessibilité programmée n’ont pas été tenus, l’autorité administrative qui l’a approuvé peut mettre en œuvre une procédure de constat de carence dans des conditions précisées par décret.
« Pour engager cette procédure et décider de l’une des mesures définies aux II et III, cette autorité tient compte de l’importance de l’écart entre les engagements et les réalisations constatées sur l’ensemble des périodes échues de l’agenda d’accessibilité programmée, des difficultés rencontrées par le maître d’ouvrage et des travaux en cours de réalisation.

II. La carence du maître d’ouvrage est prononcée par un arrêté motivé qui précise, selon les manquements relevés, la mesure retenue par l’autorité administrative :

  1. En l’absence de tout commencement d’exécution de l’agenda d’accessibilité programmée, l’abrogation de la décision approuvant l’agenda d’accessibilité programmée ainsi que le signalement au procureur de la République ;
  2. En cas de retard important dans l’exécution des engagements pour la ou les périodes échues de l’agenda d’accessibilité programmée, la constitution d’une provision comptable correspondant au montant des travaux non réalisés sur la ou les périodes échues ;
  3. Au terme de l’échéancier de programmation des travaux, quand les engagements de travaux figurant dans l’agenda d’accessibilité programmée n’ont pas été tenus :
    1. L’élaboration d’un nouvel échéancier de travaux avec un aménagement des délais prévus à l’article L. 111-7-7 ne pouvant excéder douze mois supplémentaires, si la durée de l’agenda d’accessibilité programmée n’a pas déjà été prorogée en application du deuxième alinéa de l’article L. 111-7-8, quand des contraintes techniques ou financières ne permettent pas de respecter les engagements initiaux ;
    2. Une mise en demeure du maître d’ouvrage de terminer les travaux dans le cadre d’un nouvel échéancier de travaux correspondant à un aménagement des délais prévus à l’article L. 111-7-7 ne pouvant excéder douze mois ainsi que la constitution d’une provision comptable ;
    3. La fixation d’une sanction pécuniaire pour non-respect des engagements de l’agenda d’accessibilité programmée.

La provision comptable ne peut excéder le montant des travaux non réalisés.

III. Le montant de la sanction pécuniaire mentionnée au II peut être compris entre 5 % et 20 % du montant des travaux restant à réaliser. Elle ne peut toutefois être supérieure à :

  • 5 % de la capacité d’autofinancement pour une personne morale de droit privé ou pour un établissement public ;
  • 5 % du revenu fiscal de référence établi au titre de la pénultième année pour une personne physique ;
  • 2 % du montant des dépenses d’investissement figurant dans le compte administratif établi au titre du pénultième exercice pour une collectivité territoriale ;
  • 2 % des dépenses d’investissement indiquées dans les annexes de la dernière loi de règlement pour l’action qui finance l’agenda d’accessibilité programmée pour l’Etat.

Pour la mise en œuvre des dispositions des a et b, l’autorité administrative compétente est habilitée à demander à la personne ayant déposé l’agenda d’accessibilité programmée de lui transmettre les documents établissant respectivement sa capacité d’autofinancement ou son revenu fiscal de référence. En l’absence de réponse, le plafond n’est pas applicable.
En outre la sanction pécuniaire ne peut excéder le montant de l’amende prévue au premier alinéa de l’article L. 152-4 multipliée par le nombre d’établissements recevant du public non rendus accessibles, entrant dans le périmètre de l’agenda d’accessibilité programmée.
Le produit des sanctions pécuniaires prévues au présent article est recouvré comme les créances de l’Etat étrangères à l’impôt et au domaine et est versé au fonds d’accompagnement de l’accessibilité universelle prévu à l’article L. 111-7-12.

IV. Un décret en Conseil d’Etat pris après avis du Conseil national consultatif des personnes handicapées détermine les conditions d’application du présent article.

Art. L. 111-7-11