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Depuis jeudi, nous analysons le plan gouvernemental « Ma santé 2022, un engagement collectif »; nous nous sommes intéressés aux Communautés Professionnelles Territoriales de Santé & à la Dossier médical partagé, puis à la libération du temps médical & à la télémédecine et enfin à la formation initiale & au service sanitaire.

Pour ce 4ème article, nous nous intéressons à deux nouvelles thématiques en les décrivant de la manière suivante :

  • Définition
  • Opportunités pour la profession
  • Réserves sur la mise en œuvre

 

Exercice mixte

 

Définition :

L’exercice mixte représente la possibilité pour un professionnel d’exercer à titre libéral, conjointement à un exercice salarié dans un établissement. Cette activité est aujourd’hui pour les professionnels salariés titulaires au sein de la fonction publique hospitalière. A l’heure où la mobilité des professionnels est de plus en plus importante, où les évolutions de carrière sont de plus en plus fréquentes, l’Etat souhaite faciliter le développement de cet exercice mixte.

 

Opportunités :

L’exercice mixte représente d’abord une volonté de plus en plus affirmé des professionnels. Il s’agit d’un modèle intéressant pour favoriser les relations entre l’hôpital et la ville dans le cadre du virage ambulatoire.

Les atouts de l’exercice salarié peuvent être très attractifs pour les professionnels libéraux, qui souhaitent diversifier leur exercice, ce qui pourrait re créer une dynamique d’engagement au sein des établissements.

 

Réserves :

La mise en œuvre de l’exercice mixte ne résout pas l’ensemble des problèmes liés au manque d’attractivité des établissements pour les kinésithérapeutes. La revalorisation des salaires, la perspective de développement de projets de recherche et la diminution du coût des études restent des leviers essentiels pour attirer les professionnels dans les établissements.

L’absence de considération de la problématique mentionnée ci-dessus pourrait avoir un effet inverse, et favoriser une fuite encore plus importante des professionnels salariés vers le milieu libéral, par une diminution progressive du nombre de personnes salariées à temps plein dans les établissements.

 

Qualité des soins 

Définition :

La notion de qualité du service rendu aux usagers est intégré depuis 2009 dans la loi.

Dans la continuité de la politique publique menée depuis quelques années, l’État souhaite avoir une vision de l’efficience des dépenses de santé. Le gouvernement met ainsi à nouveau l’accent sur l’amélioration de la qualité des soins et de la prise en charge des patients par les professionnels, ou souhaitant limiter les actes redondants ou les pratiques non pertinentes. La réforme de la nomenclature générale des actes professionnels (NGAP) pour les professionnels de santé fait partie des orientations prévues par le gouvernement

 

Opportunité :

En lançant Quali’Kiné, nous avons anticipé les orientations politiques voire les obligations réglementaires à venir, en adoptant une posture volontariste plutôt qu’attentiste. En s’engageant activement vers cette démarche qualité, les professionnels de santé pourront renforcer leur rôle dans le parcours de soins des Français. L’Etat annonce vouloir diversifier les modes de rémunération. L’engagement dans une démarche d’évaluation de ses pratiques professionnelles représenterait une manière pertinente de valoriser financièrement les professionnels.

Nous défendons, au sein des groupes de travail sur la refonte de la NGAP, une réforme qui vise à mieux décrire le parcours de soins du patient. Nous souhaitons donner plus d’informations à l’Assurance Maladie sur les profils de patients que nous recevons, sans avoir à décrire la liste de tous les actes que nous effectuons à chaque séance.

La profession de kinésithérapeute est de plus en plus soucieuse de la bonne qualité de son exercice, de son engagement pour des pratiques fondées sur les données les plus actualisées de la science. La valorisation de ces engagements est une nécessité et doit amener les professionnels à proposer des soins toujours plus pertinents aux patients

 

Réserves :

La réforme de la nomenclature générale des actes professionnels ne doit pas être une énième occasion pour l’assurance maladie de contrôler l’intégralité des actes réalisées dans toutes les séances de kinésithérapie effectuées par les confrères en France. Nous souhaitons une réforme basée sur le parcours de soins, et non un PMSI libéral.

Nous défendons la qualité des soins et la rémunération pour cette qualité des soins, mais nous souhaitons rester maîtres de cette notion de qualité. Nous ne souhaitons pas que cette qualité soit définie par des responsables administratifs, déconnectés de la réalité de l’exercice de la kinésithérapie.