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Nous continuons d’analyser le plan gouvernemental « Ma santé 2022, un engagement collectif » en nous intéressant à deux nouvelles thématiques en les décrivant de la manière suivante :

  • Définition
  • Opportunités pour la profession
  • Réserves sur la mise en œuvre

 

5. Formation initiale

 

Définition :

Les décrets et arrêtés du 2 septembre 2015, ont officialisé la mise en œuvre des nouveaux référentiels d’activité et de compétence, acquis par les professionnels au cours de la formation initiale. Désormais, la formation en kinésithérapie dure 5 ans :

  • 1 an de formation / sélection au sein des universités à travers 3 voies d’entrées (PACES, L1 STAPS ou sciences). L’Union défend prioritairement la voie d’accès par PACES, qui favorise le partage d’une culture commune entre les professionnels de santé
  • 4 ans de formation en Institut de Formation en Masso Kinésithérapie, sanctionnée par l’acquisition de 240 ECTS.

L’intégration universitaire de la formation en kinésithérapie est un processus en cours, qui doit permettre à tous les étudiants de bénéficier des mêmes conditions d’études que les étudiants des filières médicales, mais également de favoriser les passerelles entre les formations de santé.

L’Etat propose une refonte globale des études de médecine, mais qui concernera la formation en kinésithérapie, car la PACES sera supprimée d’ici 2020, tout comme la sélection par le numerus clausus.

 

Opportunités :

Le numerus clausus est un système fondé sur le principe que la diminution de l’offre de soins entraînerait mécaniquement une diminution de la demande. Ce principe étant erroné, le numerus clausus n’a pas été une mesure efficace pour maitriser la démographie.

La réflexion sur la création d’une licence santé à spécialisation progressive n’est pas nouvelle, et présente l’intérêt de vouloir développer une culture interprofessionnelle dès la formation initiale au sein des universités, à travers une orientation active des étudiants.

Le développement de passerelles entre les formations médicales et paramédicales est une demande de longue date de la profession. Elle doit limiter l’échec des étudiants et diversifier les profils recrutés.

 

Réserves :

L’universitarisation étant en cours et la réforme de la formation initiale achevée, l’un des chantiers prioritaires qui n’a pas été abordé est le coût des études, très inégalitaire en raison de sa gestion par les conseils régionaux. Un travail sur ce sujet pourrait également permettre de répondre à de nombreuses problématiques, comme la « fuite » de certains jeunes professionnels en libéral pour rembourser leur prêt, alors qu’ils auraient pu être intéressés par l’exercice salarié.

L’absence de reconnaissance de la formation au niveau master laisse pas mal de doutes sur la place de la kinésithérapie au sein de cette licence. A l’heure où les CPTS doivent être le lieu où collaborent tous les professionnels de santé, nous serons très vigilants à ce que cette réforme n’aboutisse pas à une sectorisation entre les professions médicales et paramédicales dès la formation initiale. Il est donc capital que les professionnels paramédicaux, dont les kinésithérapeutes s‘investissent en masse dans ces CPTS

 

6. Service sanitaire

 

Définition :

Le service sanitaire est une mesure de grande ampleur visant à faire intervenir l’ensemble des étudiants en santé sur des actions de prévention, à destination de publics cibles sur des enjeux prioritaires de prévention : alimentation, activité physique, addictions, santé sexuelle. Le service sanitaire représentera 6 semaines de formation théorique et pratique, incluant donc la préparation de l’action, sa mise en œuvre ainsi que son évaluation.

Les étudiants en kinésithérapie sont concernés par cette mesure depuis la rentrée universitaire 2018-2019.

 

Opportunités :

La formation à la prévention à la santé a toujours été peu développée au sein des établissements de formation. L’évolution d’un paradigme curatif à un paradigme préventif nécessitait la mise en œuvre d’un dispositif de grande ampleur au sein de la formation initiale.

L’engagement des étudiants sur des grandes thématiques de santé publique permettra à chaque professionnel d’aborder une dimension plus collective de la santé.

 

Réserves :

L’absence de véritable valorisation financière des étudiants peut donner l’impression d’une réforme contenant un objectif économique peu louable.

La mise en œuvre du service sanitaire doit permettre à chacun d’élaborer des projets de prévention en masse pour la population, et non pas inhiber les initiatives des professionnels sous couvert de ce motif économique.