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Après notre premier article analysant le programme gouvernemental « Ma santé 2022, un engagement collectif », nous revenons aujourd’hui pour nous intéresser à deux nouvelles thématiques, en les décrivant de la manière suivante :

 

  • Définition
  • Opportunités pour la profession
  • Réserves sur la mise en œuvre

 

3. Libération du temps médical

 

Notre système de santé est aujourd’hui en tension à plusieurs niveaux, notamment les services d’urgence et la médecine de ville. Le médecin généraliste, acteur pivot de notre système de santé, se retrouve aujourd’hui en difficulté face à sa fragile démographie et à l’évolution constante des besoins en santé de la population.

L’expression « libération du temps médical » est aujourd’hui massivement utilisé pour décrire les solutions à mettre en œuvre, permettant aux médecins d’effectuer leurs missions dans des conditions plus supportables.

Face à cette problématique, l’Etat propose la mise en œuvre d’assistants médicaux, mais également des délégations de tâches, le développement des protocoles de coopération, l’élargissement de compétences de certains professionnels ou l’extension des pratiques avancées.

Opportunités :

La mise en œuvre de l’accès direct à la kinésithérapie dans certaines situations, a démontré dans de nombreux pays son intérêt pour libérer notamment ce temps médical. Cette perspective est de plus en plus discutée au sein du gouvernement et doit être massivement soutenue.

Le développement des pratiques avancées peut également constituer une alternative intéressante pour permettre à certains kinésithérapeutes d’étendre leur champ de compétences, comme l’élargissement du droit de prescription par exemple. Cette évolution du métier, dans le contexte d’ouverture de la profession aux qualifications partielles, doit nécessairement intégrer la réflexion sur la création d’une profession d’aide kinésithérapeute.

Réserves

Le rapport, comme le discours du président de la République, ont laissé une part importante à la création des postes d’assistants médicaux. La création de cette nouvelle profession ne doit pas se faire au détriment du bon fonctionnement des organisations de soins actuelles. Les kinésithérapeutes, comme leurs confrères paramédicaux, seront très vigilants face à la mise en œuvre de cette mesure. Nous préférons privilégier l’évolution des métiers socles que de créer de nouveaux métiers qui viendraient amputer les compétences métiers existants.

Les notions de délégations de tâches et de pratiques avancées ont été peu abordées dans le discours, alors même que de nombreux rapports mettent en évidence l’intérêt sanitaire et économique de leur déploiement.

 

4. Télémédecine

 

Définition :

La télémédecine est une forme de pratique médicale à distance utilisant les technologies de l’information et de la communication. Elle met en rapport, entre eux ou avec un patient, un ou plusieurs professionnels de santé, parmi lesquels figure nécessairement un professionnel médical et, le cas échéant, d’autres professionnels apportant leurs soins au patient.

Elle permet d’établir un diagnostic, d’assurer, pour un patient à risque, un suivi à visée préventive ou un suivi post-thérapeutique, de requérir un avis spécialisé, de préparer une décision thérapeutique, de prescrire des produits, de prescrire ou de réaliser des prestations ou des actes, ou d’effectuer une surveillance de l’état des patients. On distingue plusieurs types d’actes de télémédecine :

  • La téléconsultation : consultation à distance réalisée entre un médecin libéral conventionné (« téléconsultant ») et un patient. Le médecin peut être assisté par un autre professionnel de santé. Elle sera ouverte à l’ensemble des patients au 15 septembre 2018.
  • La télé expertise : une expertise sollicité par un médecin « requérant » et donnée par un médecin « requis », en raison de sa formation ou de sa compétence particulière, sur la base d’information ou d’éléments médicaux liés à la prise en charge d’un patient, hors de la présence de ce dernier. Elle sera d’abord expérimentée sur certains profils de patients (ALD, maladies rares, résidant en zones sous-denses…)
  • La télésurveillance médicale
  • La téléassistance médicale

L’Etat prévoit un déploiement important de la télémédecine, dans les établissements comme dans le monde libéral pour répondre aux nombreuses difficultés d’accès aux soins dans certains territoires

Opportunités :

Les kinésithérapeutes sont des professionnels largement impliqués auprès de patients atteints de pathologies chroniques, et pour lesquels le suivi d’un traitement, notamment à domicile, pourrait s’accompagner de ce type de technologie.

Les difficultés d’accès aux soins de kinésithérapie dans certains territoires pourraient ainsi être comblés par l’utilisation de technologies innovantes

Réserves :

Aujourd’hui, la télémédecine implique nécessairement la présence d’un médecin. Si cette situation est pertinente dans certains cas, elle limite largement les possibilités d’initiatives des autres professionnels de santé. L’évolution de la télémédecine se devra d’être bien plus ambitieuse qu’aujourd’hui si nous souhaitons une implication de tous les acteurs.